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Dots : OpenAI lance des agents permanents qui travaillent pour vous 24 h/24

OpenAI déploie dots, des agents propulsés par GPT-6 Astra qui disposent de leur propre ordinateur cloud et travaillent en continu sur ChatGPT, Slack et Teams.

Image d'illustration — poste de développeur avec plusieurs écrans allumés de nuit, évoquant un travail informatique en continu.
Image d'illustration — poste de développeur avec plusieurs écrans allumés de nuit, évoquant un travail informatique en continu.Photo : Jakub Żerdzicki / Unsplash

OpenAI ne vend plus seulement un chatbot, elle vend une présence permanente. Le 29 septembre, à l'occasion de son DevDay 2026, l'entreprise a présenté dots, des agents « toujours actifs » censés travailler pour l'utilisateur en continu, et non plus seulement répondre à une requête ponctuelle. Chaque dot dispose de sa propre machine virtuelle dans le cloud, reste joignable via ChatGPT, Slack ou Teams, et apprend des préférences de son propriétaire au fil du temps.

Un agent qui a son propre ordinateur

La bascule technique est nette : un dot ne vit pas dans une fenêtre de conversation, il vit dans un environnement cloud dédié, avec son navigateur et ses outils. OpenAI revendique une connexion à plus de 4 000 applications via son écosystème de plugins, et décrit des scénarios où l'agent repère un bug signalé sur Slack et commence l'investigation sans attendre d'instruction explicite, ou transforme une maquette de design en application fonctionnelle pendant que l'équipe se concentre sur les retours clients. Le modèle qui propulse dots est GPT-6 Astra, lancé fin septembre et déjà présenté comme le plus capable d'OpenAI sur les tâches longues et l'usage autonome d'ordinateur.

Ce qu'OpenAI appelle la « recherche proactive »

Au-delà des tâches demandées, dots scrute en arrière-plan ce qui pourrait être utile, une fonction qu'OpenAI nomme « proactive research ». L'entreprise cite l'exemple d'un testeur dont le dot a repéré une facture oubliée, l'a préparée et l'a envoyée après validation. Cette autonomie s'accompagne de garde-fous documentés : les outils utilisés en mode proactif sont restreints à la lecture, sans possibilité d'envoyer des messages ni de modifier du contenu, et un système de surveillance peut interrompre le travail de l'agent en cas de signal de sécurité suspect.

Permissions, approbations et le flou qui reste

OpenAI met en avant un système de règles personnalisables : l'utilisateur choisit quelles applications un dot peut toucher, et des « Custom Rules » déterminent quelles actions sont automatiques, lesquelles demandent une validation et lesquelles sont bloquées d'office. Les actions jugées sensibles, comme changer un mot de passe, restent toujours sous contrôle humain. OpenAI promet aussi de ne pas utiliser par défaut les échanges des espaces de travail Business, Enterprise et Edu pour entraîner ses modèles — une garantie qui ne s'applique pas automatiquement aux comptes personnels.

Le déploiement reste pour l'instant circonscrit aux abonnements Pro et Business Premium dans certains marchés, avec une bêta pour les comptes Enterprise activable par les administrateurs. OpenAI annonce par ailleurs un partenariat avec Microsoft pour intégrer les « dots spécialistes » à Agent 365, afin que les entreprises gèrent ces agents avec les outils de gouvernance qu'elles utilisent déjà.

Des dots spécialisés pour les entreprises

OpenAI distingue le dot personnel, pensé pour un usage individuel, des « dots spécialistes » destinés aux organisations. Ces derniers reçoivent une identité propre, des identifiants dédiés et un accès limité aux systèmes nécessaires à une mission précise, par exemple le traitement de factures, le support client ou la gestion de contrats commerciaux. L'entreprise dit s'appuyer sur des pilotes internes menés dans les achats, le marketing par e-mail et la contractualisation avant d'étendre l'offre à des clients externes au cas par cas, avec des équipes d'ingénieurs OpenAI qui définissent, avec chaque organisation, le périmètre exact des tâches confiées et les modalités de validation humaine.

Sur le plan tarifaire, le premier dot est inclus sans coût supplémentaire dans les abonnements Pro et Business Premium, avec une limite d'usage élargie pendant le premier mois suivant le lancement. Les conversations avec un dot ne comptent pas dans les quotas habituels de ChatGPT, mais les tâches qu'il exécute dans Codex ou dans ChatGPT Work, elles, en font partie. OpenAI promet de pouvoir, à terme, ajouter des dots supplémentaires et ajuster la vitesse ou le volume de travail de chacun, ce qui dessine un modèle économique où la capacité agentique devient elle-même une ressource à faire évoluer, à la manière d'un effectif que l'on dimensionne selon la charge.

« Dots can still make mistakes, so always review consequential work. »

OpenAI, billet de lancement

Un pari qui engage la confiance plus que la technique

La promesse de dots n'est pas tant un saut de capacité qu'un changement de relation : accepter qu'un logiciel ait un accès permanent à sa messagerie professionnelle, à son calendrier et à des milliers d'applications connectées, pour qu'il agisse à sa place pendant qu'on ne regarde pas. C'est exactement le pari que Meta a fait quelques jours plus tôt avec son agent personnel Muse, et les premiers retours sur ce produit montrent que la confiance ne se décrète pas : elle se gagne, ou se perd, à la première faille de sécurité constatée. OpenAI documente un empilement de protections comparable — environnement isolé, règles d'approbation, revue d'activité — mais la généralisation de ces agents permanents transformera d'abord la question de sécurité informatique en question de confiance au quotidien, pour des millions d'utilisateurs qui n'auront ni le temps ni les compétences pour vérifier eux-mêmes ce qu'un dot fait en leur nom.